Flyingshoes' tour | |
Vous avez un message des Merinos masqués...ALBURY (Australie, Victoria), le 28/02/09 Beehhhhhh everybody ! 24 février, 22 heures : Aéroport d'Auckland... Quatre fauteuils pour un plumard et devant, une large baie vitrée qui s'ouvre sur les avions d'Air New Zealand. L'un d'eux nous embarquera au petit jour direction Melbourne... Parmi le va et vient des employés maoris à l'air blasé, pelle, balai et chiffon en main (c'est fou comme partout dans le monde, les blancs se débrouillent toujours pour éviter de ramasser leur merde), les appels bruyants de la salle de jeux vidéos, les cris d'excitation des mioches devant les zincs... j'attends le sommeil en achevant d'écrire cette page néo-zélandaise. Ce message dans vos boîtes, le chapitre II de nos vagabondages en Australie en sera à ces toutes premières lignes... Je n'aime pas quitter un pays, c'est toujours triste de partir, de tirer un trait, rayer d'une liste, surtout quand c'est à l'autre bout du monde que cela se passe et que les probas calculent sans qu'on ait rien demandé de maigres chances de retour... Enfin, allez savoir... le voyage n'est pas une science exacte que je sache ! Alors, pour notre prochaine escapade néo-zélandaise, je mets donc au programme :
En attendant de ressortir cette liste... Très contents d'habiter à nouveau notre spacieux Rolando, de sillonner à son bord les routes australiennes sous un franc ciel bleu. Et surtout, laisser glisser tranquillement la semaine vers Sydney pour THE retrouvailles : avec Papa et Maman Messieux dans le brouillard d'un bon jetlag... Impatients de partager leurs premiers pas (avec ma toute nouvelle paire de baskets !) dans ces contrées so exciting ! Retour sur nos dix jours dans le Nord néo-zélandais, volcanique et impétueux ! Wellington (NZ, île du Nord) : 11 février Le soleil se fait discret pendant la traversée. Au vent, décoiffant déjà bien avant la pleine mer, nous goûtons une dernière fois le charme des Marlborough Sounds, jusqu'au dernier petit dôme rocheux balisant les portes du large... Wellington, le lendemain est sous la pluie. C'est triste, une ville sous la pluie. La Capitale, sous son pardessus de grisaille a des accents un peu vieillots. Parmi ses buildings au look ringard, les tentatives novatrices forment un magma architectural décousu, sans harmonie sauf celle d'une brume pluvieuse qui enrobe l'ensemble. Le jour, dans les salles de l'immense musée Te Papa Tongarewa, dans les bibliothèques aussi, nous passons notre temps à sécher culturel... Puis vient la nuit : un camping "in vitro" en position presque foetale, recroquevillés dans la voiture devant le réchaud dans un bain de vapeur de nouilles ; une nuit dans des draps humides, les claquettes de la pluie et les gifles du vent pour berceuse. Dans ce genre de soirée, il est préférable d'affûter son humour si l'on ne veut pas que la situation devienne vraiment pénible. Mais à toute chose malheur est bon... les sandflies qui éprouvent quelques difficultés à voler sous les rafales à 80 km/h nous ont enfin lâchés à l'entrée de Wellington. Et puis, on se console en se félicitant d'avoir eu le nez assez creux pour enchaîner la traversée la veille, en fin d'après-midi. Un jour plus tard, elle aurait été aveugle... Parc National Tongariro (NZ, île du Nord) : 14 février Sur les collines chauves, les cicatrices en lignes de la déforestation marquent la terre qui glisse, s'effrite et s'effondre des pentes au passage des moutons. Sur les routes, beaucoup de circulation, quelques laides usines de temps à autre, des plantations de pins au cordeau... Pas de doute, la patte de l'homme laisse davantage d'empreintes au Nord... Et la campagne autour de Wellington s'étire ainsi, de monts en collines, entre marée de flax aux cosses couleur de sang séché dans les vallées et bouquets de toetoes aux plumeaux comme des lumignons sous les derniers rayons du jours... Quand au détour d'un virage, émerge comme un diable sorti de sa boîte, le cône parfait strié de neige du volcan Ruhapehu... Le lendemain, en route pour "Tongariro Crossing" ou LA marche de Nouvelle-Zélande... avec un bon millier de pèlerins en procession le long de ces inoubliables 20 km à travers les volcans du plateau de Tongariro. Au petit jour, ça commence par une lande rase, un lit de couleur fauve que mouchettent discrètement des touffes de bruyères mauves, l'ombre des nuages qui glisse sur les contreforts des volcans entre les éclats de lumière dorée. Petit à petit, alors qu'elle s'accrochait, fragile mais tenace, à la roche, la végétation capitule au pied des volcans et ne laisse que des cailloux boursouflés semer un tapis de rocailles plus fines, de sable ou de poussière, noirs comme la cendre. Toutes les nuances fleurissent pourtant dans ce paysage devenu absolument minéral. Noirs et rougeoyants, les dessous de la Terre dans ses profondeurs intimes de cratère ; rouilles, les éboulis des entrailles qui s'oxydent à l'air des pentes ; jaune les gaz soufrés déposés ; verts émeraude, les lacs au creux des cratères ; celui des lichens, couleur de prairie, qui s'accroche aux pierres ; encore un autre lac, bleu, perché dans les hauteurs volcaniques ; les reflets violets, roses des lits de roches... Aux formes superbes des cônes, des cratères, des profondeurs dérangées, se mêle une palette de couleurs des plus subtiles ; et la terre, fumante et chaude respire la vie dans ses atours minéraux.
Si l'on avait pu gommer le millier de pèlerins du décor... Mais la magie ne peut qu'opérer, malgré leur présence, que l'on finit même par oublier... La ballade, démocratisée, enchaîne sentiers grillagés anti-dérapants, escaliers, passerelles de bois surplombant la lande... Et des shuttles attendent les marcheurs rétamés à l'arrivée... Alors, il faut bien s'attendre à partager les lieux avec le plus grand nombre ! Pour nous, le sport continue à l'arrivée : une heure et demie de stop pour une trentaine de kilomètres dans trois véhicules et quelques autres encore, à pied, pour gagner les intersections stratégiques ! Taupo (NZ, île du Nord) : 16 février Immense, le lac Taupo loge le cratère résultant de l'éruption la plus colossale que le monde n'ait jamais connu. De la rive, on distingue à peine les frontières de la caldeira, trop lointaine... Devant des eaux si tranquilles, on peine pourtant à imaginer cette ancestrale furie sous l'écorce terrestre. Un vert profond et les intenses transparences du jade : l'eau vive de la rivière Waikato court non loin de cascades en rapides, puis se lisse au creux de gorges claires d'où l'on se penche sur ses superbes éclats. La regarder filer aussi, sous la cascade d'une petite source fumante dont les eaux brûlantes mélangées au confluent offrent le plaisir (tant convoité !) d'un bain avec de vrais petits canards (qui ne boudent étrangement pas le spa)... A quelques kilomètres de la ville, un sentier; des passerelles serpentent à travers Orakei Korako, parc géothermique en effervescence depuis des millions d'années. Descendant de la forêt jusqu'aux profondeurs du lac qui en borde l'entrée, une coulée de silice plâtreuse étincelle dans le contre-jour. Derrière cet éblouissant miroir, des geysers aux soupirs imprévisibles, des batteries de chaudrons remplis d'argile à gros bouillons, des piscines d'eau claire, fumantes et gazeuses, des algues vert et feu qui dessinent des tableaux extraordinaires sur la neige de silice... La terre bouillonne, chuchote, clapote, glougloute, crache, fume et régurgite dans une puissante odeur de soufre, montre tout ce qu'elle a à l'intérieur. C'est à la fois inquiétant et fascinant : rageur et puissant, incontrôlable ; avec des allures de l'alambic infernal de l' "Assommoir" distillant pourtant dans sa rage un mélange de couleurs d'une beauté saisissante sur fond de textures étranges et trompeuses. Mais dans ces vapeurs chaudes et enveloppantes, alors que les débris de pin mijotent dans les marmites boueuses et dégagent une bonne odeur de cuisine, il y a quelque chose de rassurant à rester au souffle puissant de notre Mère la Terre... Rotorua (NZ, île du Nord) : 18 février Sur la route de Rotorua, Kerosen Creek, comme son nom ne le suggère aucunement est une rivière charmante et limpide qu'animent de petites cascades sous les fougères et les grands arbres... Elle a cela de magique que ses piscines naturelles vous plongent dans un bain à plus de 40 degrés, tellement chaud que l'on en ressort aussi vite que de l'eau glacée, la peau couleur d'écrevisse en plus et délassé à s'endormir sur place... Puis Rotorua nous ouvre larges les portes de la culture maorie, à grands coups de banquets à la manière de..., de danses comme si..., de villages reconstitués... de mises en scène qui semblent rapporter gros à l'industrie touristique. En matière d'authenticité, nous avons quelques doutes et les tarifs ne permettent franchement pas la déception ! Alors, après la visite d'un maere, maison commune parée de sculptures et de masques de bois peint, celle d'une église tapissées de nattes murales de flax tressé, tout deux au coeur d'un village maori qui n'a de particulier que des maisons plus petites et moins riches ornées de quelques statues dans les jardinets, nous restons un peu sur notre faim en matière de découverte culturelle "in vivo"... au seuil de la porte... Un lourd parfum sulfuré enveloppe Rotorua. Du moindre interstice, il s'évapore dans l'air en fumerolles discrètes. Marmites de boue et marécages bouillonnants tapissent, cerclés de barricades, les parcs de la ville. Les fossés en ébullition hoquettent et se colorent d'algues aux textures étranges. Les eaux du lac, laiteuses de particules soufrées en suspension, peignent les galets du rivage de reflets citron... Mais là encore, si l'on veut assister aux démonstrations les plus grandioses des forces telluriques, il faut s'aligner derrière des centaines d'asiatiques, l'oeil déjà rivé sur l'écran de leur numérique et sortir un gros billet pour aller poser le votre, en file indienne, sur le geyser de 30 mètres du Parc Tellurix ! Ces forts relents d'oeuf pourri... ne serait-ce pas pour mieux dissimuler le léger parfum d'attrape-gogos qui flotte dans l'atmosphère ? (Sans rancune mais... disons qu'au cours de 15 jours de vacances ou 15 mois de voyage, les choix sont un peu différents... ) Coromandel (NZ, île du Nord) : 20 février Creuser un trou au bord de la plage, s'y enterrer pour chercher le frais, on connaît... Mais creuser un trou, le laisser se remplir d'une eau de source à 60 degrés pour s'y brûler sous la Lune quand la marée s'est retirée est un petit jeu plus original auquel s'adonnent tous les touristes ramassés sur 30 mètres de plage à Hot Water Beach... Armé d'un Tupperware, Cyril a fini par patauger lui aussi dans son bain bouillant que les vagues se sont acharnées à reboucher plus d'une heure durant. Trop de froid, trop de vent... j'ai capitulé avant, devant l'épreuve de maçonnerie en maillot de bain sous les étoiles... Le lendemain, la découverte de la Péninsule de Coromandel tourne court... Une pluie sans relâche barbouille le paysage que l'on ne fait que deviner. Collines et forêts se noient sous ce déluge de grisaille. Repli sur la petite ville de Coromandel, réputée pour son ambiance baba-cool au coeur d'une campagne généreuse et son littoral sauvage que sèment de petits trésors de plages... Mais ce jour là, les rues étaient désertes : peintres-apiculteurs, potiers-viticulteurs, et bijoutiers-maraîchers étaient, comme nous, aux abris. Certainement plus à l'aise que dans notre salon Nissan où il a bien fallu se replier quand boutiques, bibliothèque et refuges en tout genre avaient fermé leur porte (très tôt en Nouvelle-Zélande, manque de chance...). Un wifi sauvage nous sauve la mise en nous occupant pendant deux heures puis c'est le moment d'aller popoter sous le coffre qui dégouline avant de s'enfourner dans des draps humides. Après une nuit et une journée d'une pluie à rincer toute la laine des moutons du pays, les gouttes commencent enfin à s'espacer... juste de quoi réfléchir avec un peu plus d'optimisme au programme du lendemain... Peninsule de Coromandel, Thames (NZ, île du Nord) : 21 février Retour sur nos pas par temps un peu plus clément, quoique toujours entre deux eaux... A Cathedral Cove, une plage où l'on traverse à marée basse une imposante arche creusée dans la roche, on célèbre ce jour un mariage ; défilé de demoiselles d'honneur les pieds nus dans le sable et fleurs de frangipanier à la boutonnière des messieurs qui les accompagnent. Une rangée de parapluies attend les convives contre la paroi rocheuse, just in case... De l'autre côté de l'arche, on s'attarde allongés sur le sable sur la vision d'une myriades de petits îlots, de gros cailloux que des arbres solitaires décorent parfois au sommet, les racines entortillées dans une roche si tendre que l'érosion y a gravé par endroit comme de fines calligraphies arabes. Des mouettes voleuses et agressives, rendues folles par ce trop de présence humaine, hurlent au premier froissement d'un quelconque emballage alimentaire et chapardent tout ce qu'elles peuvent sur les serviettes abandonnées des baigneurs... Tendres couleurs sur la péninsule... Coiffées de bois et de pâturages encore luisants de pluie, des vagues de collines nous conduisent jusqu'à Thames, ville qui résonnait il y a encore un siècle des coups de pilon des chercheurs d'or... A 17 heures ce jour, cette époque frénétique semble bien loin alors que les rues que jalonnent encore de riches bâtisses témoins de ce passé prospère, sont tout à fait désertes... Auckland (NZ, île du Nord) : 22 février Cité de la voile... Alors, nous allons rêver en flemmardant sur les quais des immenses marinas ; à Westhaven, où une forêt de mâts balance mollement, presque imperceptiblement. Au loin, la Sky Tower émerge des buildings et domine, sceptre annelé, de 328 m majestueux... Du seigneur de ses anneaux (Ah !), les intrépides néo-zélandais proposent un saut guidé tout schuss de 192 m... Alors, nous regardons tomber les gens qui jouent le suicide sans les désagréments inhérents à la fin de toute longue chute... Des 43 mètres de l'arche métallique qui relie Auckland et le Nord de la baie, on peut aussi sauter au bout d'un élastique. La ville, à cheval sur son étroit isthme volcanique vit dans l'omniprésence de l'eau, rythmée par le passage tranquille des voiliers dans la baie, les départs des ferrys entre ses morceaux de puzzles terrestres éparpillés, le temps de croisière de tous les plaisanciers qui profitent ici d'une escale décontractée ... La nuit, derrière les lumières du port, les petits carreaux dorés aux fenêtres des buildings, la guirlande lumineuse dessinant l'arche du pont, les étoiles oranges des réverbères, toutes les autres, bleues, vertes, rouges... pointillent les volumes harmonieux de la ville sous le spectre blanc de la Sky Tower. Dans les eaux sombres du port, fondent entre les mâts des voiliers leurs reflets ondulants et verticaux. Une cité by night des plus féeriques se dessine...
De la baie de Wellington à celle d'Auckland, ce petit tour sur une île du Nord au caractère bien trempé (oserais-je dire !) s'achève. Dépaysant, isn't it ? 1h00 du matin, l'aéroport bourdonne toujours, mais je vais tâcher de m'endormir quelques heures... Peut-être compter les moutons... Behhhh pour conclure, bises des Merinos masqués ! Flo Publié à 05:23 , le 28 février 2009, Nouvelle-Zélande Mots clefs : { Page précédente } { Page 18 sur 49 } { Page suivante } |
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