Flyingshoes' tour

Horizons sénégalais...

ZIGUINCHOR (Sénégal), le 07/01/08  

Ça va ou bien ? comme ils disent ici !  

Je vois que certains d'entre vous commençaient à s'inquiéter de ne pas avoir de nouvelles...C'est vrai que le contexte international fait un peu flipper mais on garde une oreille attentive sur RFI et on ne s'aventurera pas n'importe où.... soyez confiants !  

A quelques jours de quitter le Sénégal, un petit tour d'horizon de ce beau pays qui, il faut bien l'avouer valait le détour si on prend soin d'éviter les zones à Club-Med !

 Saint-Louis (Sénégal) : 21 - 22 décembre  

Dans le taxi-brousse qui nous conduit vers le Sénégal, j'apprends mes premiers mots de wolof avec la petite Aicha. Sa famille et elle habitent Rosso, la ville-frontière.

A Rosso-Sénégal, c'est la Tabaski (décalage horaire avec la Mauritanie sur le calendrier de l'hégire !)... L'arrivée à Saint-Louis se fait donc attendre car les taxis sont peu nombreux à prendre la route en ce jour de fête... petit plumage au passage, il faut bien payer en jours fériés.

Sur l'île de Saint-Louis, blottie entre le continent et une longue péninsule, les rues à l'architecture coloniale respirent pourtant à pleins poumons l'Afrique authentique. Chaleur humaine, couleurs chatoyantes, éclats de rire, amabilités et teranga (la fameuse hospitalité africaine porte un nom)...

C'est jour de fête et les plus beaux boubous habillent de superbes femmes aux coiffures compliquées ; les mômes, tirés à quatre épingles défilent fièrement devant les quelques toubabs (blancs) de sortie ; les hommes paradent et flambent un peu...

Sur la péninsule, le bidonville des pêcheurs... La rue est comme une grande cour de récréation. Les mômes grouillent et vous encerclent en moins de deux minutes, vous réclamant chacun 100 francs CFA ou un bic. Dans ce décor crasseux, sous la misère évidente, leurs habits de Tabaski les transforment en dizaines de Cendrillon... 

Sur la plage, parmi les chèvres broutant les ordures, des dizaines de pirogues s'agglutinent entre les baraquements des pêcheurs et la plage transformée pour l'occasion en fosse commune pour moutons sacrifiés. Sur le sable, queues, têtes, cornes, viscères et pattes refluent tranquillement au rythme des vaguelettes...

Dakar (Sénégal) : 23 - 24 décembre

Après une longue route dans un minibus bondé, après la savane et les premiers émouvants baobabs aux formes généreuses... arrivée dans la jungle urbaine, la fosse aux lions de la Teranga, faune de faux guides, rabatteurs, Pères Noël noirs et marchands de tout poil vous vendant leur bagout de commerçant pour de la tchache de bienvenue !

Une seule envie, poursuivre plus loin. Mais dans ce pays à 90% musulman, Noël ne sera pas un cadeau : Le Willis, bateau qui devait nous emmener pour Ziguinchor ne prendra pas la mer le 25 comme tous les mardis... Prochain départ le vendredi, quatre jours plus tard... Un horizon un peu difficile à considérer dans cette ville relativement chère et surtout absolument épuisante !

Une désagréable sensation d'être passés à côté de Dakar, festive et enflammée, avec cette arrivée un dimanche d'après Tabaski... et d'avant jour de l'an : dans le creux de la vague des réjouissances !

Ziguinchor (Sénégal) : 25 - 28 décembre

- En passant par la Gambie avec nos bagos...

Après un réveillon sur le thème Flag (bière bof) , ananas gâté et copieux hamburger libanais spécial cholestérol (vous voyez, tout ne fait pas rêver !), en compagnie de Roki, notre coéquipier japonais depuis Saint-Louis... le jour de Noël débutera au très petit matin par un RDV à la gare routière. Pour ce long et épuisant trajet en perspective, nous sommes satisfaits de trouver à cette heure, les deux places à l'avant du fourgon. Dans le vacarme du moteur, les terribles odeurs de gazoil et celles des charognes qui jalonnent la route, nous nous dirigeons à petite allure vers la Casamance...

Derrière nous, un fils inquiet transporte dans son village, sans doute pour la dernière fois son père agonisant à l'hôpital de Dakar, pour les fêtes de fin d'année... pendant ces longues heures, le vieux souffre, ne tenant plus assis, crachant dans une boîte des glaires malodorantes dans un long râle de douleur... Il se bat,  se relève dignement sous l'étouffante chaleur, le long d'une route si chaotique que le chauffeur choisit le plus souvent d'emprunter les bas côtés.

En Gambie, passage obligé pour retrouver le plus rapidement le Sud du Sénégal, succèdent aux profonds nids de poule, des cloques de goudron de ci de là, comme des nids de poule inversés !

Après le coucher du soleil et plus de 11 heures de trajet, une brume rafraîchissante monte de la savane. Les arbres majestueux aux contours étranges se dessinent dans le contre-jour. Une odeur agréablement familière de sous-bois, au parfum d'essences végétales pourtant inconnues, se répand dans l'air en signe de bienvenue...

- La mangrove aux oiseaux

Une petite pirogue à moteur nous fait glisser à travers la mangrove. Par instant, elle s'arrête et nous admirons à loisir le ballet de centaines d'oiseaux à peine effarouchés par notre passage. Parfois dissimulés dans les racines des palétuviers que la marée a découvertes ou encore perchés sur leur cime, nous surprenons avec le plaisir d'enfants dénichant quelque oeuf de pâques, pélicans, aigrettes, hérons, flamants roses et aigles pêcheur... Leurs chants se mêlent en une douce harmonie et accompagne, spectacle saisissant leurs mouvements acrobatiques de pêcheurs émérites...

De la paisible Ziguinchor, nous avons ainsi glissé jusqu'à Affiniam, terre des citronniers odorants et des fromagers rivalisant de splendeur dans leurs drapés impériaux... Puis Djilapao, planté au milieu des palmiers et des baobabs aux pains de singe dodus. Un village de pêcheurs quasi autarcique dont la culture du riz est assujettie à la courte saison des pluies... Des voiliers viennent y mouiller apportant ainsi quelque substantielles ressources. 

Abene (Sénégal) : 29 décembre - 2 janvier

- Folklo Festivalo...

Ce petit village bat au rythme des percussions, de jour comme de nuit...

Abene Festivalo, 14ème édition : sur scène, les danseuses se déchaînent frénétiquement au son des percus. Leur corps semble se briser tant l'élan du mouvement  est rapide et violent... Puis la scène s'ouvre au public : de leur place assise, africains et africaines de tout âge viennent durant quelques secondes décharger une pulsion de danse. Ils regagnent ensuite leur place en courant, large sourire aux lèvres.

Dans un sens plus large, on peut considérer la scène africaine comme totalement ouverte, au public comme à l'imprévu : réglages incessants des micros pendant le spectacle, passages de câbles, traversée de la scène par le quidam qui rentre chez lui en coupant au plus court, salutations des artistes, dons d'argent aux musiciens (familles de griot uniquement), coupures du groupe électro... l'espace scénique n'est guère intimidant et absolument pas starisé. Quant à la mise en scène, c'est la spontanéité sans détour avec un présentateur nonchalant et sans voix tournant accessoirement le dos au public !

- Année 2008 sous le signe des babouinos...

Premier jour de l'année 2008... A l'heure où les ombres s'allongent, dans la savane dorée par le soleil couchant, quelques singes surpris, puis des dizaines se rassemblent à mesure qu'ils s'enfuient. Postures et cris d'intimidation ne réfrènent pas notre envie de les suivre... Une journée qui ressemble à un rêve de gosse !

Le lendemain, ce sont quelques dauphins aperçus à une vingtaine de mètres de la plage qui renouvellent la magie du merveilleux...

Ile de Karabane (Sénégal) : 3 - 5 janvier

Perle du fleuve Casamance, l'île de Karabane, c'est la carte postale "plage et cocotiers" sans l'afflux touristique et sans la fibre mercantile locale qui l'accompagne immanquablement... Des heures à admirer un paysage de rêve, à jouer avec des gosses heureux qu'on leur accorde du temps et qui ne demandent rien d'autre, le bonheur de journées simplement merveilleuses...

Ziguinchor (Sénégal) : 6 janvier

Retour dans cette ville paisible où la nuit le fut moins, sérieusement troublée par le retour bruyant de sénégalais tard dans la nuit ; l'appel du muezzin au petit jour suivi d'une demi-heure de prières dont la l'enthousiasme n'était pas à démontrer ; et enfin la sirène d'alerte de 7 heuuuuuures ! Choc culturel nocturne !

 

Une nuit ici pour couper le voyage jusqu'au Mali et prendre le temps de vous donner de nos nouvelles (les endroits paradisiaques ne sont guère en phase avec le web !)

Nous avons beaucoup pensé à vous durant ces fêtes que nous avons aussi passées en famille :  avec Arno que nous avons retrouvé à Abene (nous l'avons quitté aujourd'hui) et avec la grande famille élastique africaine, comme on dit ici...

Nous vous souhaitons beaucoup de bonheur et ... prenez le temps en 2008 (et suivantes) de penser sérieusement à la façon de réaliser vos rêves !

Nous vous embrassons... Leghi leghi, à bientôt...

Flo

La page des PS persos :

PS 1 : Dorothée : soulagée de vous savoir sains et sauf après votre passage en Mauritanie - glurps -et de plus, enchantés de votre séjour! J'ai eu l'info trop tard pour le Sénégal, nous partons pour le Mali, tant pis! Merci de l'intention ...

PS 2 : François, tu es déjà prêt j'en suis certaine, à assurer la technique de l'Abene Festivalo si tu sais toutefois gérer la réparation d'un groupe électrogène!

PS 3 : Isabel, tu as absolument le droit et le devoir de plaisanter à notre sujet et surtout au sujet de Cyril ! Tous les commentaires photos sont permis, c'est le jeu!

PS 4 : A toutes les filles, qui font ou ont fait de la danse africaine, j'ai eu une pensée toute spéciale pour votre pauvre petit corps qui a dû ou doit encore en subir, mais que c'est beau!

PS 5 : Pour Nath G, une pensée d'ex de la percu pour le p'tit groupe que l'on était et pour Christian bien sûr ! Comme ça tapait du feu d'Allah ) à Abene!

PS 6 : Kevin, arrête de nous faire saliver avec tes histoires de bouffe !

PS 7 : Les collègues, bonne rentrée si je peux me permettre...

PS 8 : Une lecture (merci Arno)... Histoire d'amour impossible au temps de la Chine des Ming, rien à voir avec l'Afrique mais un sujet universel : 'L'éternité n'est pas de trop' de François Cheng... Très beau.


Publié à 01:40 , le 7 janvier 2008, Sénégal
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